Dimanche 27 août 2006

Aujourd’hui je suis à 14 jours post-ovulation. Des pertes brunes commencent à arriver. Je m’étais jurée de ne pas triste cette fois ci, si mes règles arrivaient. Mon gynéco avait dit que je risquais une nouvelle FC précoce si je re-tombais enceinte ce cycle ci. Mais ce n’est pas la tristesse de voir mon cycle se finir sans test de grossesse + : c’est ce qui m’attend qui me rend triste. Dans 3 jours je vais devoir faire les derniers tests avant la décision finale : IAC ou FIV.

Je me sens comme un prisonnier qui attend dans sa cellule son jugement final. L’attente d’un verdict insupportable qui va mettre en jeu les prochaines années de sa vie. Dans exactement 17 jours je vais arriver devant le bureau du gynéco avec les dosages que je vais faire dans 3 jours et les nouveaux résultats de spermo. Il va les regarder. Il lèvera la tête doucement avec un air à la fois grave et détaché pour nous annoncer « le protocole ».

Je me sens seule. Je survie à une vie qui n’a peut être pas de futur. Pas de futur avec toi dans ma vie. J’ai la nostalgie d’une vie que je n’ai jamais vécue,  que je ne connaîtrait peut être jamais. Ou que je vais connaître. Un jour. Mais quand ? Et comment ?

Je ne me suis enfermée dans cette prison toute seule. On m’y a aidé: Les gens autour de moi m’ont poussé petit à petit au fond de cette cellule froide. Sans le faire exprès. Mais les gens sont parfois cruels en essayant de me préserver.

En l’espace d’un mois j’ai réalisé ô combien j’étais seule et incomprise. Tout d’abbord ce pique-nique ou j’ai appris qu’une amie commune était enceinte … à son 6eme mois !!!!  J’ai été profondément choquée. J’en ai parlé à une amie. Je lui ai dit que ça m’avait blessé de l’apprendre aussi tard et surtout de savoir que tout le monde avait comploté dans mon dos pour s’arranger pour que je ne l’apprenne pas. Pourquoi ? Il parait que c’était « pour me préserver », pour « pas que je sois triste ».  Mais non, ça ne m’a pas rendue triste : ça m’a mise en colère. Très en colère. J’ai l’impression qu’on me prend pour une femme aigrie. Pourtant à aucun moment je ne me suis plainte. Quand j’avais mauvaise mine j’ai juste expliqué que j’étais sous stimulations ovariennes car j’avais des problèmes et que le traitement avait beaucoup d’effets gênants. J’ai toujours parlé de ça avec beaucoup de naturel, sans  aucune tristesse ni aucun désespoir. J’ai juste raconté ça avec le plus d’optimisme possible, juste pour que mes amis le sachent et evite de mettre les pieds dans le plat en voyant que bébé n’arrive pas. Du coup j’ai rendu les gens mal à l’aise. Les copines n’osent plus m’appeler, n’ose plus sortir avec moi. Comme ci j’avais une espèce de maladie honteuse. Comme si ma vie était condamnée et qu’il ne me reste plus beaucoup de mois devant moi. On n’ose pas me demander où j’en suis. On a peur de quoi ? Je ne me suis jamais mise à pleurer en apprennant une grossesse. Oui ça me fait un pincement au cœur et alors ? Ce n’est ni de la jalousie ni de l’envie. Juste une tristesse qui m’est personnelle et qui ne regarde que moi. Je ne suis pas aigrie. Je ne voulais mettre mal à l’aise personne …

Ça c’est reproduit il y a 15 jours … On a vu des amis de longue date. La date était fixée depuis un moment à cause des dates de vacances d’été de chacun. Et là je la voie, elle, si belle, si épanouie avec son petit ventre naissant. J’ai été si heureuse pour elle…. Mais elle, elle ne me regardait pas dans les yeux. Elle a su que je savais au moment de lui faire la bise. Lors de l’apéritif,  on ne trinque à rien. Moi je sors « et bien, à vous deux alors ? ». Là, gros silence … Notre couple d’amis a baissé les yeux pour ne jamais à avoir à croiser les miens. Alors là, oui. Mon cœur s’est pincé. Il s’est tout ratatiné sur lui-même comme une vieille pomme qui s’assèche.

Voilà, je suis malheureuse que personne ne soit honnête avec moi, que tout le monde soit gêné, mal à l’aise en ma présence. Qu’est ce que je peux bien faire ? Je ne peux pas retourner en arrière. Je regrette tellement m’être confiée à mes meilleures amies.

En voulant être honnête, j’ai fait l’effet inverse. Ils m’ont rejeté d’eux même …. Comme vous me manquez. Vous ne réalisez donc pas que vous me faites encore plus de mal ?  

 

Voilà, je suis là maintenant dans cette prison à attendre les visites des gens qui n’ont pas honte que je sois coupable d’être stérile. Je suis dans cette prison. Je sais que dans 17 jours notre jugement sera prononcé.

Quel cauchemar. S’il existait un « festival de ma nuit », ce mauvais rêve aurait reçu la palme d’or du pire cauchemar.

 

 

par Baby_mag publié dans : babymag
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Mon décompte:

25 mois d'acide folliques.

22 mois d'essais.

20 cycles en 22 mois.

10 échos endo-vaginales.

6 cycles de simulations simple au clomid.

10 dosages LH & oestrodiol.

5 kilo de pris depuis le début des essais bébé.

2 dénombrements folliculaires.

2 IACs.

1 bilan hormonal.

1 sérologie.

1 hystérographie.

1 fausse couche.

1 FIV par ICSI.

 

 

 

Celui de Papa : 

 

 

 

 

 

     3 spermogrammes.

3 spermocytogrammes.

3 spermocultures.

2 tests de migration survies.

2 receuils de sperme pour IAC.

1 receuil de sperme pour FIV-ICSI

1 écho-doppler testiculaire.

1 écho vésico-prostatique.

1 sérologie.

1 étude de la fragmentation de l'ADN spermatique.

1 caryotype.

 

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Le blog de Karine:

Le blog de Karine ma copine de galère, elle aussi en FIV:

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